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« Soul Patrol », le documentaire sur la première unité spéciale noire au Vietnam

Le documentaire « Soul Patrol » de J.M. Harper, présenté en avant-première au Festival de Sundance en janvier 2026, sort depuis le vendredi 6 novembre dans une sélection de salles américaines, distribué par Kino Lorber. Il réunit les anciens membres de la première équipe noire d'opérations spéciales de reconnaissance à longue distance de la guerre du Vietnam, à partir des Mémoires de l'un d'eux, Ed Emanuel.

Photo : IndieWire

« Soul Patrol », réalisé par J.M. Harper, est sorti le vendredi 6 novembre dans une sélection de salles aux États-Unis, distribué par Kino Lorber, rapporte IndieWire. Le magazine republie à cette occasion la critique de Wilson Chapman, d'abord publiée pendant le Festival de Sundance 2026, où le film a été présenté pour la première fois. Le documentaire raconte l'histoire des soldats noirs de la guerre du Vietnam du point de vue d'Ed Emanuel, un écrivain qui y a servi à 17 ans.1

Le film part d'un livre. Dans ses Mémoires parues en 2003 sous le même titre, Ed Emanuel racontait comment il avait retrouvé et réuni les hommes avec lesquels il avait servi pendant sa courte période de service, de 1968 à 1969, au sein de la première équipe noire d'opérations spéciales de type « Long-Range Reconnaissance Patrol » (patrouille de reconnaissance à longue distance), écrit IndieWire. Le site du Festival de Sundance donne le titre complet de l'ouvrage : « Soul Patrol: The Riveting True Story of the First African American LRRP Team in Vietnam ». Ed Emanuel est aussi producteur exécutif du documentaire, précise le site du festival.123

Une dernière réunion dans un hôtel de Floride

Le film retrouve ces hommes en 2024, lors de ce qui sera leur dernière réunion, selon IndieWire. Ed Emanuel, Lawton Mackey, Thad Givens, Emerson Branch, Jesse Lewis, Willie T. Brown, Willie Merkerson et Norman Reid sont assis dans une salle de conférence d'un hôtel de Floride pour parler des souvenirs de leur service qui les ont suivis pendant des décennies. D'après la critique, ils espèrent que cette discussion les aidera à tourner la page.1

La narration d'Ed Emanuel replace le récit dans l'année 1968. Selon IndieWire, il se trouvait dans l'avion pour le Vietnam quand l'assassinat de Robert F. Kennedy a été annoncé ; les manifestations contre la guerre prenaient de l'ampleur et le mouvement des droits civiques s'y opposait lui aussi. Un discours de Martin Luther King Jr. devient plus tard, dans le film, un tournant pour Ed Emanuel, qui commence à se demander si le traumatisme vécu au Vietnam en valait la peine. Le documentaire aborde aussi les discriminations subies par ces hommes en tant que soldats noirs combattant pour les États-Unis, ainsi que le fait d'avoir été utilisés comme faire-valoir. Une scène montre leurs sentiments partagés sur le surnom de leur unité, un sobriquet à connotation raciale que Wilson Chapman décrit comme à la fois affectueux et condescendant.1

La matière visuelle repose en grande partie sur des images Super 8 tournées pendant leur service au Vietnam, la plupart par les soldats eux-mêmes, selon IndieWire. J.M. Harper les monte avec des extraits de journaux télévisés et des publicités de l'époque. Les scènes de la réunion sont filmées en noir et blanc. Parmi elles figure une conversation entre les épouses et compagnes des anciens soldats sur leur vie avec eux. La dernière partie du film porte sur leur retour difficile au pays. Vers la fin, l'un des membres de la patrouille déclare : « Nous devons raconter ces histoires pour voir où nous en étions, d'où nous venons et où nous allons. Il faut connaître son commencement avant de pouvoir trouver sa fin. »1

Un accueil contrasté sur la forme

Le jugement de Wilson Chapman est mitigé. Il qualifie le style de J.M. Harper de bruyant et d'une franchise sans compromis. Selon lui, le film se trompe surtout quand ses choix de mise en scène deviennent trop appuyés. Il reproche ainsi des reconstitutions jouées par des acteurs, trop lisses et trop génériques pour se fondre dans les images Super 8 et les entretiens, ainsi qu'une métaphore visuelle d'ouverture, où un vieux vétéran est hanté par une vision de son passé, qu'il trouve excessive. Il critique aussi une musique chargée en cordes, à son avis trop générique. Il estime en revanche que le film « brille » quand il laisse parler l'expérience des hommes. Il note enfin que le film ne cherche pas à résumer ce qu'a été le Vietnam dans son ensemble, seulement ce qu'il a été pour ces hommes. Ce sont là les appréciations d'un critique, et non des faits établis sur l'œuvre.1

Le site du Festival de Sundance, sous la plume de Gina McIntyre, rapporte que le film a été accueilli par une ovation debout lors de sa première, le 25 janvier 2026, au Ray Theatre de Park City, dans l'Utah. Ed Emanuel y a déclaré au public : « Rien que de savoir que [Harper] est venu ici les larmes aux yeux, il faut bien comprendre que c'est une sacrée bonne histoire qu'il a racontée, si elle le touche à ce point. » Il a ajouté : « Je vois les gens dans le public, comment cela vous touche, et je vous remercie de nous permettre de raconter cette histoire devant vous. » La légende d'une photo de la première présente Jesse Lewis, l'un des membres de l'unité cités par IndieWire, comme journaliste. Le site de Sundance précise que le film était présenté dans la compétition documentaire américaine. Il rappelle que J.M. Harper avait fait ses débuts dans le long métrage au même festival en 2024 avec « As We Speak ».23

Ce film s'inscrit dans un mouvement plus large. Wilson Chapman rappelle que la guerre du Vietnam, terminée il y a plus d'un demi-siècle, reste un sujet auquel les artistes américains reviennent. Selon lui, des œuvres récentes ont mis au centre le point de vue, souvent négligé, des Vietnamiens, ou se sont intéressées au service des soldats noirs, peu étudié, comme « Da 5 Bloods » de Spike Lee. Le thème des vétérans dépasse d'ailleurs le cinéma américain : Cineuropa a publié le même jour la critique de « The Scent of Things Remembered », du Portugais António Ferreira. Ce film suit un vieux vétéran portugais blanc qui surmonte des préjugés liés à son traumatisme grâce au lien qu'il noue avec son aide-soignant noir. L'un est une fiction et l'autre un documentaire, ce qui signifie que la comparaison s'arrête au thème commun : les séquelles de la guerre et la question de la couleur de peau.14

À ce stade, la matière disponible ne donne ni le nombre de salles, ni les recettes, ni un éventuel calendrier de sortie hors des États-Unis. Reste à savoir si la sortie en salles prolongera l'accueil reçu à Sundance. Comme le film montre la dernière réunion de ces anciens soldats, il pourrait aussi devenir l'un des derniers témoignages filmés de cette unité réunie.12

Soul Patrolguerre du Vietnamsoldats noirsJ.M. HarperEd EmanuelSundance

Sources

  1. ‘Soul Patrol’ Review: The Vietnam War’s First Black Special Ops Team Shares Their Stories in An Enlightening DocumentaryIndieWire · États-Unis · 6 novembre 2026
  2. “Soul Patrol” Pays Moving Tribute to Elite Squad of Black Vietnam War VeteransSundance · États-Unis · 6 novembre 2026
  3. Give Me the Backstory: Get to Know J.M. Harper, the Director of “Soul Patrol”Sundance · États-Unis · 2 novembre 2026 · contexte
  4. Review: The Scent of Things Remembered - Films / Reviews - PortugalCineuropa · Belgique · 6 novembre 2026 · contexte
  5. What to Watch: 9 Sundance Institute–Supported Documentaries About Farming the Land and Fighting for a Sustainable FutureSundance · États-Unis · 30 octobre 2026 · contexte

Cet article a été rédigé à partir des sources ci-dessus, et d'elles seules. Les chiffres et citations leur sont attribués par les appels de note.

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