Zelensky annonce une frappe russe imminente et presse ses alliés de livrer des Patriot
Vendredi 6 novembre, dans son allocution du soir, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré disposer de renseignements sur une nouvelle frappe russe en préparation contre le secteur énergétique, les ponts sur le Dniepr et les infrastructures civiles. Il a de nouveau demandé des intercepteurs pour les systèmes Patriot, le jour même où le ministre finlandais de la Défense reprochait à Washington de retarder ces livraisons.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé vendredi 6 novembre que la Russie préparait une nouvelle frappe contre l'Ukraine, rapporte le site indien NDTV. « En ce moment, nous disposons de renseignements indiquant qu'une nouvelle frappe est en préparation contre le secteur énergétique, contre nos ponts sur le Dniepr et contre les infrastructures civiles », a-t-il déclaré dans son allocution du soir. Selon lui, l'armée de l'air et l'armée de terre se préparent à repousser une telle attaque, mais la situation n'est « pas facile ». Ce qu'il décrit reste à ce stade une menace annoncée sur la foi de renseignements dont il n'a pas détaillé le contenu : la matière disponible ne fait état d'aucune frappe survenue depuis cette déclaration.1
Le président ukrainien a lié cet avertissement à une demande déjà formulée à plusieurs reprises : des munitions pour la défense antiaérienne. « Il faut des intercepteurs pour les systèmes Patriot. Chaque accord compte. Chaque jour compte énormément pour les livraisons. Et nous demandons instamment à nos partenaires de ne pas reporter les livraisons », a-t-il dit. La veille, jeudi, il s'était rendu à un sommet latino-américain à Madrid pour demander aux dirigeants présents d'aider l'Ukraine à obtenir le matériel dont elle a besoin d'urgence pour réparer les installations électriques endommagées par les attaques russes. Il demande donc à la fois de quoi protéger ces installations et de quoi les remettre en état.1
Selon NDTV, l'Ukraine s'apprête à passer un nouvel hiver difficile : les attaques russes contre ses infrastructures énergétiques continuent malgré une relance des efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre. Les ponts sur le Dniepr cités par Volodymyr Zelensky franchissent le fleuve qui traverse le pays. Dans son allocution, telle que rapportée par NDTV, le président ne précise ni lesquels seraient visés ni à quelle échéance.1
Des missiles payés par les Européens, une autorisation attendue de Washington
Le même jour, le ministre finlandais de la Défense, Antti Häkkänen, a accusé les États-Unis de manquer de volonté politique pour livrer des missiles de défense aérienne Patriot à l'Ukraine, alors que des alliés européens ont déjà payé ces armes. Le Helsinki Times rapporte ces propos, tenus à Helsinki dans un entretien exclusif publié vendredi par Euronews. Antti Häkkänen y affirme que Washington doit autoriser ces transferts, au moment où l'Ukraine se prépare à de nouvelles frappes russes contre ses infrastructures énergétiques pendant l'hiver.2
Les deux déclarations portent sur le même sujet, mais ne disent pas la même chose. Volodymyr Zelensky demande à ses « partenaires », sans les nommer, de ne pas reporter les livraisons. Antti Häkkänen, lui, désigne un responsable : selon lui, le blocage vient d'une décision politique américaine, et non d'un manque de financement, puisque les Européens ont payé. Cela signifie, si ce constat est exact, que l'arrivée des intercepteurs dépendrait moins d'un nouvel effort budgétaire que d'une autorisation de Washington. Le résumé de l'entretien ne donne ni le nombre de missiles concernés, ni les pays qui les ont financés, ni la réponse des autorités américaines.12
Ces tensions ne datent pas de cette semaine. Le 15 octobre, Al Jazeera English rapportait que des Ukrainiens craignaient une réduction du renseignement fourni par les États-Unis alors que les frappes russes s'intensifiaient. La chaîne qatarie écrivait que la diminution des alertes antimissiles accroissait la menace pour les civils, au moment où Donald Trump poussait à un « cessez-le-feu énergétique » et à des négociations de paix. La matière ne précise ni l'origine de ces réductions, ni si elles résultent d'une décision délibérée.3
Le lendemain, 16 octobre, Le Figaro rapportait que l'Union européenne prévenait que « ce n'est pas le moment » de cesser d'aider Kiev ou de lever les sanctions contre Moscou. Le quotidien décrivait un Volodymyr Zelensky « sérieusement secoué par les nouveaux coups de boutoir » du président américain, venu plaider à Bruxelles pour que ses alliés européens, réunis en sommet, réaffirment leur soutien. Ces deux articles d'octobre et les déclarations de ce 6 novembre vont dans le même sens : Kiev se tourne vers les Européens et vers d'autres partenaires, tandis que la position de Washington est présentée par ses alliés comme le point de blocage.34
Plusieurs suites sont possibles. Si Washington autorisait les transferts évoqués par Antti Häkkänen, l'Ukraine pourrait recevoir des intercepteurs déjà financés avant le cœur de l'hiver. Dans le cas contraire, les infrastructures énergétiques et civiles visées, selon Volodymyr Zelensky, par la prochaine frappe devraient être défendues avec les moyens disponibles, qu'il juge insuffisants. Reste à savoir si la frappe annoncée aura lieu, sous quelle forme, et si la relance diplomatique mentionnée par NDTV aura un effet sur les attaques contre le réseau énergétique. À ce stade, la matière disponible ne permet de trancher aucune de ces questions.12
UkraineVolodymyr ZelenskyPatriotinfrastructures énergétiquesAntti HäkkänenÉtats-Unis
Sources
- Zelensky Warns Of New Russian Strikes, Urges Allies For Patriot MissilesNDTV · Inde · 6 novembre 2026
- Häkkänen to Euronews: US political delays are holding up Patriot missiles for UkraineHelsinki Times · Finlande · 6 novembre 2026 · contexte
- Ukrainians fear US intelligence cuts as Russian strikes intensifyAl Jazeera English · Qatar · 15 octobre 2026 · contexte
- EN DIRECT - Guerre en Ukraine : «Ce n’est pas le moment» de cesser d’aider Kiev ni de lever les sanctions contre Moscou, avertit l’UELe Figaro · France · 16 octobre 2026 · contexte
Cet article a été rédigé à partir des sources ci-dessus, et d'elles seules. Les chiffres et citations leur sont attribués par les appels de note.


