Après la défaite de mi-mandat, Trump nomme Stephen Miller chef de cabinet
Donald Trump a annoncé vendredi 6 novembre que son conseiller Stephen Miller, 41 ans, remplacera lundi Susie Wiles au poste de chef de cabinet de la Maison-Blanche. Cette nomination intervient quelques jours après la défaite du Parti républicain aux élections de mi-mandat, qui donne aux démocrates le contrôle des deux chambres du Congrès à partir de janvier.

Le président américain Donald Trump a désigné vendredi 6 novembre Stephen Miller, son conseiller de longue date, comme chef de cabinet de la Maison-Blanche. Dans un message publié sur son réseau Truth Social, il le décrit comme « l'un de [ses] conseillers les plus fiables » et précise que Stephen Miller succédera à Susie Wiles dès lundi. La chaîne qatarie Al Jazeera English y voit une manière, pour le président, de persister dans ses politiques les plus controversées après la défaite subie par le Parti républicain aux élections de mi-mandat en début de semaine.1
Susie Wiles ne quitte pas l'entourage du président. Selon l'agence russe TASS, Donald Trump a indiqué qu'elle rejoindrait une organisation non gouvernementale liée à ses activités politiques. Le quotidien indien The Hindu rapporte que le président l'a félicitée sur son réseau social et a déclaré qu'elle continuerait à travailler pour son organisation politique. La chaîne indienne NDTV rappelle que Susie Wiles avait été la première personne nommée par Donald Trump après l'élection de 2024, et la première femme à occuper ce poste.234
En France, La Croix présente Stephen Miller comme une « figure de la droite identitaire » nommée à un « poste stratégique », formule reprise par BFMTV. Franceinfo rapporte la réaction de Chuck Schumer, chef des démocrates au Sénat, selon qui le président « n'aurait pas pu faire un pire choix » que ce partisan d'une ligne dure contre l'immigration.567
Le calendrier donne à cette nomination une portée particulière. Les démocrates prendront en janvier le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat, et, selon Al Jazeera English, il est largement attendu qu'ils ouvrent des enquêtes sur le rôle de Stephen Miller à la Maison-Blanche. Ce qui signifie que le nouveau chef de cabinet pourrait se trouver, dès les premières semaines de la nouvelle législature, au centre des procédures de contrôle parlementaire.1
De conseiller en communication à architecte de la politique migratoire
Al Jazeera English retrace un engagement militant antérieur à son entrée dans le cercle de Donald Trump. Au lycée de Santa Monica, il intervenait déjà dans des émissions de radio locales contre ce qu'il qualifiait de politiques scolaires libérales. À l'université Duke, il a dirigé la Duke Conservative Union. Il a ensuite travaillé à Washington comme assistant parlementaire de membres républicains du Congrès, dont le sénateur Jeff Sessions, avant de rejoindre en janvier 2016 la première campagne présidentielle de Donald Trump. « Je pense que lui et Trump se sont entendus dès le début », déclarait en 2017 à l'agence Associated Press Steve Bannon, ancien conseiller du président. « Je pense qu'il a aidé Trump à trouver sa voix. »1
Pendant le premier mandat, Stephen Miller a été conseiller présidentiel et rédacteur de discours. Al Jazeera English lui attribue un rôle dans la politique de « tolérance zéro » du ministère de la Justice à la frontière en 2018, qui prévoyait l'arrestation de presque tous les adultes entrant aux États-Unis sans papiers et a conduit à des séparations de familles à grande échelle, avant que le président ne modifie cette politique par décret. Il a aussi fait campagne pour mettre fin au programme DACA, destiné aux personnes arrivées enfants sans papiers, qui a cessé d'accepter de nouveaux dossiers en 2021, et a porté le décret de 2017 interdisant pendant 90 jours l'entrée sur le territoire aux ressortissants de Syrie, d'Iran, d'Irak, de Libye, de Somalie, du Soudan et du Yémen. Une version modifiée de cette mesure a été validée par la Cour suprême.1
Ses positions lui ont valu des accusations de la part d'élus démocrates. En 2019, le Southern Poverty Law Center a publié des courriels présentés comme montrant son soutien à des sites et à des idées nationalistes blancs. « Il est inacceptable que l'administration Trump installe sciemment un nationaliste blanc notoire, adepte de l'idéologie suprémaciste blanche, à un poste de pouvoir et d'influence sur la politique fédérale », déclarait en 2020 l'élu Joaquin Castro. Ces courriels restent présentés comme « allégués » par Al Jazeera English. Après l'élection de 2020, Stephen Miller a soutenu les affirmations de Donald Trump selon lesquelles le scrutin avait été volé, affirmations que la chaîne qualifie d'infondées.1
Revenu à la Maison-Blanche en janvier 2025 comme chef de cabinet adjoint chargé des politiques et conseiller à la sécurité intérieure, il a contribué à organiser la campagne d'expulsions massives. En mai 2025, il déclarait sur Fox News que l'administration avait « fixé un objectif d'au moins 3 000 arrestations par jour pour l'ICE », ajoutant que le président continuerait « à pousser pour faire monter ce chiffre chaque jour ». En janvier, il a d'abord défendu la mort de Renee Good et d'Alex Pretti, tués par des agents de l'immigration à Minneapolis, les qualifiant tous deux de « terroristes », avant de revenir sur ces propos concernant Alex Pretti. Sa tentative de mettre fin au droit du sol a échoué.1
Sur le plan international, Al Jazeera English rapporte qu'il a approuvé l'enlèvement par les États-Unis du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro et affirmé en janvier sur CNN que les États-Unis avaient le droit de s'emparer du Groenland en vertu de leur puissance militaire : « On peut parler autant qu'on veut de bienséance internationale et de tout le reste, mais nous vivons dans le monde réel […], un monde gouverné par la force, gouverné par la contrainte, gouverné par la puissance. »1
Reste à savoir ce que ce changement de fonction modifiera dans son influence. Al Jazeera English souligne que ce point n'est pas encore clair. Le chef de cabinet supervise habituellement le personnel et les recrutements de la Maison-Blanche, tient l'agenda du président et le conseille sur les politiques à mener. Certains acteurs internes décrivent ce poste, qui contrôle largement la circulation de l'information, comme le « gardien » de la présidence. À ce stade, ce qui change concrètement est l'accès : Stephen Miller passerait d'un rôle centré sur l'immigration et la sécurité intérieure à la maîtrise de ce qui parvient au président dans tous les domaines, au moment où un Congrès à majorité démocrate pourrait chercher à freiner les politiques qu'il a portées.1
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Sources
- Who is Stephen Miller, Trump’s new White House chief of staff?Al Jazeera English · Qatar · 6 novembre 2026
- Stephen Miller to become new White House Chief of Staff — TrumpTASS · Russie · 6 novembre 2026
- After Midterm Rout, Trump Announces Stephen Miller As New Chief Of StaffNDTV · Inde · 6 novembre 2026
- Trump replaces Susie Wiles with Stephen Miller as chief of staff after GOP’s midterm defeatThe Hindu — international · Inde · 6 novembre 2026
- Donald Trump nomme son proche conseiller Stephen Miller au poste stratégique de directeur de cabinetBFMTV · France · 6 novembre 2026 · contexte
- États-Unis : Trump nomme son proche conseiller Stephen Miller au poste stratégique de directeur de cabinetLa Croix · France · 6 novembre 2026 · contexte
- Donald Trump promeut son conseiller Stephen Miller, représentant de la droite identitaire,comme directeur de cabinetfranceinfo · France · 6 novembre 2026 · contexte
Cet article a été rédigé à partir des sources ci-dessus, et d'elles seules. Les chiffres et citations leur sont attribués par les appels de note.


